Photothérapie néonatale : comment expliquer l’absence apparente de consensus dans les pratiques de photothérapie entre établissements ?

Sur la base de votre expérience, comment expliquez-vous l’absence apparente de consensus dans les pratiques de photothérapie entre établissements ? 

Il n’y a pas d’absence de consensus concernant les pratiques de photothérapie chez les nouveau-nés à terme. Il existe au contraire un consensus bien établi, fondé sur les recommandations de l’Académie américaine de pédiatrie, régulièrement mises à jour, avec une version publiée en 2005 et la plus récente en 2023.

En revanche, il n’existe pas de consensus strict concernant la photothérapie chez les prématurés, en particulier chez les enfants nés avant 34 semaines de gestation, y compris les grands prématurés.
Cette situation est complexe et s’explique notamment par le fait que la photothérapie est utilisée depuis près de 70 ans, mais qu’il n’existe que deux essais randomisés dans toute l’histoire de la photothérapie chez les prématurés, avec des résultats relativement contradictoires.

De plus, il n’existe pas réellement d’études de suivi à long terme permettant de définir précisément les taux de bilirubine dangereux ou préoccupants chez ces enfants.
Ces études sont extrêmement difficiles, voire impossibles à mener, ce qui explique l’existence d’une large zone grise d’incertitude dans la prise en charge des prématurés et, par conséquent, une hétérogénéité des pratiques entre établissements.

Note importante : Les informations et avis exprimés par le Professeur Daniele De Luca ont vocation à éclairer la pratique. Elles ne se substituent pas aux protocoles locaux ni au jugement clinique des équipes soignantes.